
Sensoridys vous invite à découvrir la thèse que le Dr Luc-Marie Virlet a soutenue, en fin d’année dernière, en vue de l’obtention d’un doctorat de psychologie :
La dyslexie développementale pourrait être un symptôme d’une altération du processus d’automatisation du couple perception-action
En voici le résumé :
La dyslexie développementale, reconnue comme un trouble de l’automatisation de la lecture est un trouble pathologique de l’apprentissage de la lecture sans cause explicative, qui résiste aux interventions. La dyslexie développementale est un handicap dont la cause reste à ce jour un mystère. La littérature est extrêmement riche et décrit de très nombreux déficits. Une approche thérapeutique, l’intervention proprioceptive vise à corriger une dysfonction proprioceptive.
Une dysfonction proprioceptive s’exprime par la présence de déficits d’intégration multisensorielle avec des conséquences perceptives, spatiales, et de la distribution du tonus musculaire, associées à une altération du sommeil paradoxal par la présence de nombreux micro-réveils. Le rapport de l’INSERM (2016) sur l’évaluation de l’intervention proprioceptive dans la dyslexie développementale n’a pas pu conclure et suggérait la réalisation de travaux complémentaires.
La théorie phonologique d’un déficit cognitif unique considère que les déficits sensorimoteurs observés sont des comorbidités qui résultent d’un manque de pratique de la lecture. Les théories sensorimotrices des théories temporelles, magnocellulaires et cérébelleuses considèrent que les déficits sensorimoteurs sont impliqués dans les processus d’automatisation de la lecture dans la dyslexie développementale. Les troubles de l’automatisation de la lecture de la dyslexie développementale sont-ils dus à un déficit des processus d’automatisation sensorimoteurs, ou sont-ils indépendants des processus d’automatisation sensorimoteurs ?
Dans la première partie nous présentons les différents déficits et théories de la dyslexie développementale, dont la variété et la diversité font évoquer un dysfonctionnement cérébral global. Nous évoquons le rôle de la proprioception dans le couple perception-action impliqué dans les processus d’automatisation, avant de présenter les manques et nos objectifs.

Dans la deuxième partie, nous étudions expérimentalement l’effet de l’intervention proprioceptive sur la lecture orale et silencieuse dans la dyslexie développementale. Nous étudions l’effet de l’intervention proprioceptive sur les déficits sensorimoteurs indépendants de la lecture.
1) Nos résultats : confortent l’intérêt de l’intervention proprioceptive dans la dyslexie développementale. Pour l’accès lexical ils montrent en cas d’intervention proprioceptive un niveau similaire vis-à-vis des normo-lecteurs (F(1,25) = 1.91, p= 0,18) ce qui n’est pas le cas sans l’ajout d’une intervention proprioceptive (F(1.25) = 13.34, p = 0,002). De même les valeurs sont similaires pour l’effet de fréquence des mots de haute fréquence, en cas d’intervention proprioceptive vis-à-vis des normo-lecteurs (F(1.25) = 1.19, p>0.28, ƞ2=0.05), ce qui n’est pas le cas en cas d’absence d’intervention proprioceptive (F(1.25) = 14.3, p<0.000 9, ƞ2=0.57), cela reflète une amélioration de l’automatisation de la lecture.

2) Nos résultats montrent l’effet de l’intervention proprioceptive dans les différentes étapes des processus d’automatisation du couple perception-action.
3) Nos résultats montrent la présence d’un dysfonctionnement cérébral global sous la forme d’un système dynamique chaotique de complexité non optimale chez les dyslexiques (Kruskal-Wallis (X2= 33,74, p<0,000 1, ε2=0,141), avec en cas d’intervention proprioceptive l’apparition d’un niveau de complexité similaire aux normolecteurs (p= 0,119), ce qui n’est pas le cas en cas d’intervention orthophonique seule (p<0,0001).
Malgré leurs limites, nos résultats semblent valider et confirmer l’implication des processus d’automatisation sensorimoteurs dans la dyslexie, avec la confirmation d’un lien de causalité de l’effet de stimulation proprioceptive sur l’amélioration des compétences de lecture des enfants dyslexiques. Ces résultats ouvrent des pistes de compréhension et d’intervention sur la dyslexie développementale et doivent être répliqués et confrontés expérimentalement.
Découvrir la thèse dans son intégralité (Clic sur le lien):

