
Je vous invite à découvrir deux ressources très intéressantes qui nous expliquent comment le mouvement aide à apprendre.
1) La première est un podcast très intéressant de l’émission de Radio France « Grand bien vous fasse ! », sur ce thème qui nous est cher :
« Comment le mouvement peut-il aider à apprendre ? »
Avec :
- Boris Cheval, chercheur en neuropsychologie de santé et psychologie du sport, auteur de » Le syndrome du paresseux. Comment combattre notre inactivité physique. » Dunod Poche
- Marion Lévy, danseuse et chorégraphe, porteuse du projet pédagogique « Dans(e) ta classe »
Et si le mouvement était une clé pour apprendre ? Neurosciences et expériences en classe montrent que le corps joue un rôle essentiel dans la mémorisation et les apprentissages. Une approche qui pourrait bien transformer notre façon d’enseigner… Et d’apprendre.
Les neurosciences confirment les bénéfices du mouvement
Les travaux de Boris Cheval, chercheur en neuropsychologie de la santé et auteur de Le syndrome du paresseux, viennent appuyer scientifiquement ces observations. Il rappelle que quelques minutes d’activité physique suffisent à améliorer les capacités d’attention et de concentration : « Lorsque vous faites bouger les enfants cinq à dix minutes, le cerveau entre dans un état neurophysiologique propice aux apprentissages. » Sur le long terme, les bénéfices sont encore plus importants : « Les enfants plus actifs physiquement produisent davantage de neurones, davantage de synapses et davantage de vaisseaux sanguins dans le cerveau. » Pour le chercheur, il est temps d’abandonner l’opposition traditionnelle entre le corps et l’esprit : « La mémoire et l’apprentissage, c’est de la biologie, c’est incarné. Le corps doit revenir au centre. » Il insiste également sur le fait que consacrer du temps au mouvement ne pénalise pas les résultats scolaires, bien au contraire : « Faire de l’activité physique à l’école, c’est du temps investi pour les apprentissages. »
Une révolution pédagogique qui dépasse l’école
Au-delà des performances scolaires, les deux invités voient dans cette réhabilitation du mouvement un enjeu de société. Marion Lévy observe que la danse favorise la coopération, le respect du corps de l’autre et l’inclusion, y compris pour des élèves en situation de handicap. Elle souhaite désormais adapter son dispositif aux entreprises et aux EHPAD, après avoir constaté les effets positifs du mouvement sur des personnes atteintes de troubles cognitifs. Boris Cheval souligne que les bénéfices concernent toutes les étapes de la vie : l’activité physique peut ralentir le déclin cognitif lié à l’âge et diminuer le risque de maladie d’Alzheimer. Son conseil est simple : intégrer davantage de mouvement dans les gestes du quotidien. « Chaque pas compte », rappelle-t-il, avant de conclure que seule une activité procurant du plaisir peut s’inscrire durablement dans les habitudes : « Si vous n’avez pas de plaisir, il n’y aura pas de maintien au-delà de six mois. »
Pour découvrir ce podcast, clic sur l’image :

2) La deuxième ressource est une interview du Pr Papaxanthis que je vous invite aussi à découvrir dans la magazine Phosphore :

« Apprentissages : Comment le sport améliore les performances scolaires »
Tout le monde sait que l’exercice physique est bon pour la santé. De plus en plus d’études montrent qu’il dope aussi les performances scolaires, en particulier en mathématiques. Le professeur Charalambos Papaxanthis, directeur du laboratoire Cognition, action et plasticité sensorimotrice de l’Inserm à Dijon, nous explique pourquoi.
La pratique d’un sport améliore-t-elle les performances scolaires ? Charalambos Papaxanthis : C’est très probable, 60 % des études qui se sont penchées sur cette question le montrent. Aussi, 86 % concluent même qu’une augmentation du temps consacré à l’activité physique se traduit par une amélioration des performances en mathématiques et 53 % l’établissent pour l’apprentissage des langues (1). Et 100 % de ces recherches attestent que l’activité physique ne génère aucun effet indésirable sur les apprentissages. Autant chausser ses baskets.
Comment l’expliquer ? C. P. : Même marcher ou courir n’est pas une activité simple. Cela demande d’être vigilant à ce qui se passe dans son environnement mais aussi dans son corps. La cognition et la motricité sont étroitement liées. Ainsi l’activité physique améliore les performances scolaires parce qu’elle renforce les fonctions cognitives complexes, comme l’attention, la planification ou encore la flexibilité qui permet de passer rapidement d’une tâche à une autre, mais aussi les deux grands types de mémoire. La mémoire de travail permet de manipuler différentes informations, le temps d’une tâche, comme faire du calcul mental ou jouer aux échecs. La mémoire à long terme stocke les souvenirs et nous permet de les restituer. Ainsi courir un petit footing améliore l’apprentissage d’une activité motrice comme jouer du piano par exemple. Si vous courez après avoir joué, vous mémoriserez mieux les gestes appris. Les études montrent également que l’activité physique aide à résister aux interférences. Si vous révisez un cours d’économie après un cours d’histoire, le souvenir de la seconde leçon va effacer celui de la première, sauf si vous bougez entre-temps. […]
En savoir plus : https://www.phosphore.com/actu/apprentissage-comment-le-sport-ameliore-les-performances-scolaires/


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