Proprioception et automatisation des mouvements

Pour aborder la rentrée en douceur, Sensoridys vous propose une petite vidéo, pour l’instant en accès libre, pour expliquer de quelle manière la proprioception permet l’automatisation de nos mouvements. Bien évidemment, cela s’applique aussi aux muscles des yeux et donc au contrôle du regard, ainsi qu’à ceux de la bouche et donc à l’apprentissage du langage.

L’information proprioceptive provenant des muscles renseigne le cerveau sur leur tension (le tonus musculaire). Mais cette information est relativement lente (temps de conduction le long des neurones) et ne peut suffire.

C’est pourquoi la nature nous a donné un autre moyen que l’on appelle « la copie d’efférence » : chaque fois que le cerveau donne un ordre de contraction aux muscles, il envoie une copie de cette information au cervelet (caractéristiques requises pour le mouvement à effectuer en terme de direction, de force et de durée). Ce dernier est constamment en train de vérifier si les informations proprioceptives et visuelles censées revenir lors du mouvement ordonné sont les mêmes que celles qui arrivent vraiment. Si ce n’est pas le cas, alors le retour proprioceptif est analysé plus finement, ce qui permet de corriger les éventuelles erreurs. Ainsi la proprioception est-elle utilisée essentiellement en cas d’erreur lors de la réalisation d’un geste, ou lors de l’apprentissage d’un geste nouveau, elle permet de corriger les erreurs. On dit que la proprioception est un correcteur d’erreur.

Au fur et à mesure que le geste est appris, les erreurs de réalisation du geste seront de moins en moins nombreuses, car des modèles moteurs internes du gestes (les « cartes » de nos mouvements) sont créés progressivement dans le cerveau. Quand il y a cohérence entre les informations proprioceptives attendues et celles qui reviennent vraiment, le mouvement est automatisé et peut-être réalisé sans recourir à la vision.

Le rôle de la proprioception est donc d’autant plus important que le sujet est en phase d’apprentissage, comme c’est le cas chez l’enfant.

Cette vidéo, très simplifiée, explique de manière imagée ce mécanisme et permet de comprendre le lien étroit qui existe entre proprioception et dyspraxies :

En dessins, cela donne :

Pour aller plus loin, voir l’article « Le cortex moteur » sur le site Le cerveau à tous les niveaux et, sur ce blog, l’article « Comment le cerveau construit sa réalité » qui explique plus largement le rôle de la décharge corollaire, ou copie d’efference, dans la perception.


Il peur être intéressant, pour mieux comprendre ce qu’est la proprioception, de visionner auparavant cette autre vidéo qui lui est consacrée :

3 réflexions sur “Proprioception et automatisation des mouvements

  1. Ping : Comment le cerveau construit sa réalité – SensoriDys

  2. Munsch Mélanie

    Bonjour. Je suis ergothérapeute formes aux troubles neuro sensoriels. Je suis étonnée de voir que cela constitue aujourd’hui un syndrome. Mais comment faire la différence entre un trouble proprioceptif engendrant une dyspraxie (ou troubles de l’acquisition de la coordination), et le trouble sensoridys ? Pourriez vous m’éclairer ? Savez vous que les ergo sont spécialisés dans les troubles sensorielles ? Belle journée à vous

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  3. Bonjour, un syndrome de dysfonction proprioceptive s’accompagnera obligatoirement de signes dans les trois domaines où intervient la proprioception : des signes musculaires, des signes spatiaux et des signes perceptifs. Un questionnaire d’orientation existe pour opérer un premier « tri » des patients potentiels. Ensuite, l’examen clinique devra retrouver des altérations dans ces trois domaines : tonus musculaires anormal, localisation spatiale labile, présence de pseudo-scotomes perceptifs. La prise en charge proprioceptive du SDP ne peut s’adresser qu’à des enfants ayant les capacités de participer à l’examen clinique, verbales notamment, pour exprimer ce qu’ils perçoivent. Cette prise en charge ne peut donc être proposée à des enfants n’ayant pas la possibilité d’interagir avec le praticien.
    Je sais que certains ergos sont formés dans les troubles sensoriels, celle de mon fils l’était. D’ailleurs, c’est elle qui nous a dirigé vers la prise en charge du SDP, devant l’absence d’efficacité des autres rééducations.
    Bien cordialement.

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