La collaboration entre des équipes de recherche au Brésil (MOVI-LAB de l’Université d’État de São Paulo) et en France ( SCALab UMRULilleCNRS de l’Université de Lille) a abouti à la réalisation d’un livre :
« Couplage perception-action : de la posture et du regard à la cognition et aux applications cliniques ».
Sergio Tosi Rodrigues| Cédrick T. Bonnet| José Angelo Barela
Trois chapitres sont consacrés à des études réalisée par le Dr Luc-Marie Virlet (MD et PhD), et je vous propose dans découvrir deux sur ce site :
Luc Virlet, Crislaine da Silva, Paola Rodrigues de Jesus, Gabriella Andreeta Figueiredo, Patrícia Lopes Pinto da Silva, José Angelo Barela
DOI 10.52050/9788579177101-7
L’objectif de cette étude était d’examiner l’effet immédiat des prismes actifs sur la vitesse de lecture d’enfants dyslexiques. L’hypothèse des chercheurs était que les prismes actifs améliorent la vitesse de lecture de ces enfants. Quinze enfants dyslexiques (10,6 ± 2,1 ans ; 11 filles et 4 garçons) ont réalisé un test de lecture silencieuse.Ensuite, les enfants ont été testés pour des troubles sensorimoteurs et des prismes actifs ont été définis pour chaque œil.

Les enfants ont réalisé un nouveau test de lecture silencieuse en portant les verres prismatiques. Les résultats de l’étude ont clairement confirmé l’hypothèse de départ, les enfants portant les prismes actifs lisant plus rapidement que ceux n’en portant pas. Ce résultat est conforme aux résultats antérieurs, qui montraient également une amélioration de la vitesse de lecture chez les enfants dyslexiques. Il apporte cependant un éclairage nouveau sur le fait que cette amélioration peut être observée peu après le début du port des prismes, et non après plusieurs mois d’intervention.
Murilo Crivellari Camargo, Luc Virlet, José Angelo Barela, Cédrick T. Bonnet
DOI 10.52050/9788579177101-8
Des anomalies des mouvements oculaires et une faible attention visuelle sont souvent présentées chez les enfants dyslexiques lors de la lecture et de tâches de fixation. Récemment, de nombreux programmes d’intervention, tels que des exercices oculomoteurs et un entraînement de l’attention visuelle, ont été testés pour atténuer ces difficultés.
Dans la présente étude, l’objectif était d’étudier les effets d’une intervention proprioceptive chez des enfants dyslexiques réalisant une tâche de fixation. L’ hypothèse des chercheurs était que les enfants ayant bénéficié de l’intervention proprioceptive présenteraient une meilleure attention visuelle que les enfants dyslexiques suivant uniquement une intervention orthophonique classique, et des résultats similaires à ceux d’un groupe témoin sain. L’intervention proprioceptive (qui comprend l’utilisation de lunettes à prismes, la neurostimulation orale, des semelles orthopédiques et des exercices respiratoires) a été administrée pendant 21 mois, en complément d’une intervention orthophonique classique, à un groupe de 12 enfants dyslexiques. Deux autres groupes ont participé à cette étude : 20 enfants dyslexiques ayant bénéficié uniquement de l’intervention orthophonique et 20 enfants sains. Les trois groupes (52 enfants) ont réalisé une tâche de fixation simple (fixer une cible en forme de croix au centre d’un écran entièrement blanc).

Les résultats de l’étude ont validé l’hypothèse initiale. En effet, ils ont montré que les enfants ayant bénéficié de l’intervention proprioceptive présentaient un nombre de clignements*, de saccades ainsi qu’une dilatation pupillaire** équivalents à ceux des enfants sains ; et que les enfants dyslexiques ayant uniquement bénéficié de l’intervention orthophonique présentaient un nombre de clignements et de saccades ainsi qu’une dilatation pupillaire supérieurs à ceux des deux autres groupes.
Ces résultats indiquent qu’après une intervention proprioceptive de 21 mois, les enfants dyslexiques ont significativement amélioré leurs mouvements oculaires (nombre de saccades) et leur attention visuelle (clignements et diamètre pupillaire). Globalement, l’intervention proprioceptive a eu un impact positif sur la réduction de la charge cognitive chez les enfants dyslexiques, constituant ainsi une solution prometteuse pour atténuer les difficultés oculaires liées à la dyslexie.
Il convient de préciser que l’intervention proprioceptive, en elle-même, est peu contraignante, puisqu’elle ne requiert du patient qu’une seule consultation médicale pour l’ajustement de ses lunettes à prismes et de ses semelles orthopédiques, ainsi que pour la réalisation des exercices respiratoires. Ensuite, le patient dyslexique doit effectuer ces exercices respiratoires pendant 10 minutes chaque matin et se rendre à ses séances d’orthophonie classiques (généralement une fois par semaine).
* : dans la littérature, le taux de clignement est reconnu comme un indicateur de la charge de travail (Wang, 2019 ; Ozeri-Rotstain et al., 2020)
** : Le diamètre pupillaire augmente généralement avec la charge cognitive requise pour réaliser certaines activités, et est également lié à la fatigue, au stress et au niveau de motivation (Le Cunff, Dommett et Giampietro, 2023)
Accéder à l’intégralité des chapitre, en suivant le lien vers l’ e-book :
Perception–action coupling: from posture and gaze to cognition and clinical applications

