Lunettes prismatiques et reprogrammation mentale

Pour faire suite à mon billet précédent, « Lunettes prismatiques et audition », je vous propose de découvrir un très intéressant article de Nathaly Mermet, Docteur en Neurosciences, journaliste scientifique & médicale, pour Pop’Sciences, université de Lyon – 17-03-2021. Celui-ci traite des approches thérapeutiques innovantes nées de la découverte de l’incroyable plasticité du cerveau. Aujourd’hui, les thérapeutes, à l’appui des connaissances neuroscientifiques, parviennent à stimuler ou leurrer le cerveau pour modifier ses réponses afin d’ améliorer les patients. Un pan entier de soins d’un genre nouveau s’ouvre, laissant entrevoir des solutions thérapeutiques jusqu’alors ignorées.

Je reproduis ici le passage concernant l’adaptation prismatique dans le cadre de la rééducation des patients héminégligents, mais je vous invite à lire tout l’article qui est très intéressant :

On ne peut aujourd’hui avoir une vision uni-directionnelle ! La dialectique entre le corps et l’esprit combine la façon dont le pouvoir descendant (soit du cerveau vers le corps) s’exerce sur le plan thérapeutique pour la « réparation », la réappropriation de son corps par le patient ET la façon dont le corps renvoie des informations sensitives et proprioceptives au cerveau dans le « sens montant »,[…] L’adaptation prismatique : un excellent « cas d’école » Grâce à un dispositif utilisant des lunettes très particulières dotées de prismes, il est possible de corriger certains troubles en utilisant la plasticité sensori-motrice. Le principe est, grâce aux prismes, de faire dévier les images à droite …et ainsi de réorienter le cerveau du côté gauche! « Les prismes décalent l’environnement visuel, et après plusieurs exercices de pointage sur une cible, le cerveau “trompé” re-calibre les informations visuelles » explique le Pr Jacques Luauté, chef du Service de Médecine Physique et de Réadaptation. Dans un exercice qui consiste à viser une cible visuelle avec le doigt en regardant à travers les lunettes dotées de prisme, c’est la plasticité cérébrale, en particulier la plasticité sensori-motrice, qui est démontrée. Ainsi grâce à des « cures » avec ces prismes on parvient à « corriger » le cerveau des patients héminégligents : on « trompe » le cerveau au niveau sensoriel, en lui faisant parvenir une image décalée grâce aux lunettes qui créent une erreur. Le cerveau modifie alors les coordonnées visio-motrices pour corriger et atteindre la cible. Si on utilise des prismes qui dévient l’environnement du côté droit, et qui ont des effets consécutifs on peut arriver à réorienter le comportement du patient du côté gauche, et donc produire un bénéfice thérapeutique.

L’article dans son intégralité :

La prise en charge proprioceptive s’appuie aussi sur la plasticité sensorimotrice. Elle intègre le port de lunettes prismatiques, dont le principe de fonctionnement, « l’adaptation prismatique », est similaire à celui décrit dans cet excellent article. A noter que les prismes actifs, dits posturaux, utilisés dans la prise en charge proprioceptive, sont des prismes de très faible puissance qui, en modifiant très légèrement la perception de l’espace, entraînent une modification de l’état de tension de la musculature oculomotrice et permettent de modifier ainsi la proprioception générale (En 1955, le Dr Baron, ophtalmologiste précurseur dans le domaine de la régulation posturale, montra  qu’il ne faut qu’une déviation très minime du regard pour modifier le tonus des muscles du dos. Ainsi, les prismes posturaux agissent sur toute la chaîne informative pour la proprioception, c’est pourquoi de très petites déviations du faisceau lumineux donne un effet maximum sur le tonus -donc la proprioception générale).

2 réflexions sur “Lunettes prismatiques et reprogrammation mentale

  1. Ping : Lunettes prismatiques et audition – SensoriDys

  2. Ping : La prise en charge proprioceptive des troubles des apprentissages est-elle un « pseudo-traitement miracle » ? – SensoriDys

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